By Rachel Burger   February 10, 2026

Comment les CFO sont devenus la force décisive derrière la confiance des investisseurs

Depuis toujours, les investisseurs ont porté leur attention en priorité sur les CEO. Figures charismatiques, porteurs de vision, incarnations de la culture d’entreprise, les CEO ont longtemps façonné le récit et l’avenir des organisations.

Mais dans un contexte marqué par la volatilité économique, les évolutions réglementaires et l’accélération numérique permanente, les investisseurs réévaluent aujourd’hui les profils les plus à même de protéger et valoriser leur capital.
Et le constat est clair : ils misent désormais davantage sur les CFO que sur les CEO.

Ce basculement n’a rien d’anecdotique. L’étude Finance 2035: Retour sur investissement menée en France par OneStream auprès de plus de 2 000 dirigeants et investisseurs, en apporte la preuve. La compétence du CFO arrive désormais en deuxième position parmi les critères déterminants d’investissement, devant celle du CEO, reléguée à la septième place (le premier critère restant le potentiel d’expansion du marché).

En moyenne, les investisseurs augmentent même leur allocation initiale de 2,6% lorsque le CFO est perçu comme le moteur stratégique de la croissance. Ce chiffre atteint jusqu’à 3,6% chez les plus grands gestionnaires d’actifs.

Pourquoi cette évolution ?
Trois dynamiques redessinent l’entreprise moderne : la donnée, la digitalisation et l’élévation de la fonction finance au rang de véritable moteur stratégique.

Les CFO apportent ce que les investisseurs recherchent avant tout : une réalité vérifiée et pilotée par la donnée

Les investisseurs s’intéressent aux fondamentaux :

  1. L’entreprise alloue-t-elle son capital de manière optimale ?
  2. Est-elle capable de résister à l’incertitude ?
  3. Ses prévisions sont-elles fiables ?

Plus que tout autre dirigeant, le CFO est en mesure d’apporter des réponses crédibles à ces questions.

Selon l’étude Finance 2035, 78% des investisseurs attendent des CFO qu’ils combinent expertise technique, excellence opérationnelle et vision stratégique. Autrement dit, ils les considèrent comme les interprètes objectifs de la santé globale de l’organisation.

Cette tendance s’inscrit dans une dynamique plus large. McKinsey souligne que les CFO supervisent de plus en plus les activités numériques, le pilotage de la performance et les relations avec les marchés financiers. Ils sont perçus comme les garants de la création de valeur à long terme.

Le CFO est responsable de l’intégrité des chiffres, pas seulement du récit.
Sa parole apparaît ainsi plus crédible, plus cohérente et plus prédictive que la vision (toujours essentielle) portée par le CEO.

Le CFO, nouveau moteur stratégique de la transformation

Le monde change à un rythme inédit. La modernisation ponctuelle d’hier a laissé place à une transformation continue.

Accenture qualifie la période actuelle de « décennie hautement disruptive » : 86% des CFO déclarent que la transformation s’accélère plus que jamais.

Les investisseurs récompensent les organisations capables de s’adapter rapidement. Or, ce sont de plus en plus les CFO qui pilotent la réinvention opérationnelle, technologique et analytique indispensable à la compétitivité.

Les résultats de Finance 2035 le confirment :

  1. 74% des CFO estiment que l’IA et l’automatisation transformeront en profondeur la fonction finance d’ici 2035.
  2. 75% considèrent la donnée comme l’actif stratégique majeur de leur organisation.
  3. Les investisseurs augmentent leur investissement de 2,9% lorsque le CFO a modernisé les opérations financières.

Les recherches du BCG vont dans le même sens : les transformations menées par la finance sont plus rapides, plus structurées et génèrent davantage de crédibilité à l’échelle de l’entreprise.

Ce que voient les investisseurs :
un CFO capable de moderniser la finance est capable de moderniser l’entreprise.

Dans un environnement où la réinvention est une condition de survie, cela rend le CFO indispensable.

Le CFO, trait d’union entre stratégie digitale, opérationnelle et financière

Les CFO modernes ne se contentent plus de mesurer la performance : ils l’anticipent.

Au carrefour des données opérationnelles, des signaux financiers et des risques globaux, ils sont idéalement positionnés pour produire des analyses intégrées et fiables.

McKinsey observe que les responsabilités digitales des CFO ont plus que doublé ces dernières années. Accenture les qualifie de « digital stewards », capables d’exploiter l’IA et l’analytique pour accélérer la prise de décision stratégique.
Wharton souligne quant à lui leur rôle croissant de partenaires et copilotes du CEO.

En résumé :
le CEO exprime la vision.
Le CFO en valide la réalité.

Et lorsque des capitaux sont en jeu, les investisseurs privilégient celui qui sécurise la réalité.

Le CFO, traducteur clé de la performance ESG

Les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) peuvent faire débat dans l’espace public. Mais du côté des investisseurs, une constante s’impose : la performance durable et mesurable est un indicateur de résilience à long terme.

Selon Finance 2035 :

  1. 73% des investisseurs estiment que la solidité ESG est essentielle à la compétitivité mondiale.
  2. 88% sont plus enclins à investir dans des organisations dotées d’un plan net zéro complet (100% chez les méga-investisseurs).
  3. 85% considèrent que le CFO doit démontrer la création de valeur au-delà du seul profit.

L’ESG ne pèse réellement dans une décision d’investissement que lorsqu’il est relié à des indicateurs, à l’exposition aux risques et au coût du capital.
Et c’est précisément le CFO qui est le mieux placé pour établir ce lien.

Qu’est-ce qu’un CFO « investissable » ?

D’après l’étude Finance 2035, les CFO qui inspirent le plus confiance excellent dans cinq dimensions :

  1. Vision stratégique : une pensée long terme éclairée par la donnée.
  2. Maîtrise technologique : IA, automatisation et architecture digitale.
  3. Expertise en allocation du capital : cœur de la confiance des investisseurs.
  4. Solidité en gestion des risques : équilibre entre opportunité et discipline.
  5. Clarté du discours : capacité à rendre simple ce qui est complexe.

Ces compétences renforcent la crédibilité du CFO, et cette crédibilité se traduit directement en investissements.

Le CFO, guide le plus fiable vers l’avenir

Les investisseurs ne délaissent pas les CEO.
Mais dans un monde marqué par l’incertitude, la complexité et la disruption technologique, ils reconnaissent que le CFO est le dirigeant le mieux armé pour :

  • Valider les promesses stratégiques
  • Quantifier la valeur long terme
  • Interpréter les risques émergents
  • Piloter la transformation digitale
  • Renforcer la discipline opérationnelle
  • Relier l’impact ESG à des résultats mesurables
  • Orienter l’allocation du capital avec rigueur
  • Dire la vérité, chiffres à l’appui

En définitive, les investisseurs misent sur les CFO parce qu’ils réduisent l’incertitude.

Or, dans l’environnement actuel, réduire l’incertitude est sans doute la plus grande valeur qu’un dirigeant puisse créer.

Pour incarner une finance tournée vers l’avenir, renforcer la confiance des investisseurs et surperformer dans la décennie à venir, les entreprises doivent élever, et pleinement habiliter, la fonction CFO.

L’avenir de la performance d’entreprise ne repose pas uniquement sur une vision audacieuse. Il repose sur des leaders capables de traduire cette vision en réalité financière.

Découvrez l’étude Finance 2035: Retour sur investissement.

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